#RestezChezVous

ça sauve des vies…

Coronavirus : Info de mardi 24 mars 2020  

Depuis lundi la ville de Genève a ouvert :                                                 

une ligne verte d’urgence

0800 44 77

destinée aux personnes en grande difficultés, recherchant un soutien.

Elles pourront être orientées.

Cette nouvelle prestation fait partie d’une réorganisation d’Aide aux Sans- Abris, mise en place par le Département de la Cohésion sociale et de la Solidarité.

Toute personne est invitée à signaler une personne en difficulté s’il en a la connaissance.

La vie au jour le jour d’une personne à risque.

 

Dimanche 5 avril 2020

N’ayant pas de chiens, je promène mes appareils de photos chaque jour.

Je vais à la rencontre des surprises inattendues, sans idées préconçues, l’oeil ouvert  à ce qui peut attirer mon attention.

Partie plus tôt que d’habitudes, tous les matinaux étaient déjà de sortie. Ils avaient le temps de discuter, jamais longtemps et toujours à plus de 2 m.

C’est la première fois qu’on m’interroge sur la  photographie.

  • Vous en faites depuis longtemps ?
  • Quel appareil utilisez-vous?
  • Votre sac n’est-il pas trop lourd?

C’est avec plaisir que je réponds et explique cette passion qui m’habite depuis l’enfance et m’a toujours fait oublier les tracas et soucis quotidiens …

De retour chez moi, je m’interroge:

Pourquoi t’adonnes-tu à la photographie ?

Par besoin de recherches d’esthétisme pur, pour laisser une trace, fixer un instant inoubliable …

en cette période de Coronavirus, simplement l’envie de témoigner par écrit et par l’image de l’étrange, l’inhabituel des modifications observées sur la nature humaine et celle qui s’éveille à la lumière du printemps envers et contre tout …

Texte et photographies : 5. 4. 2020

Danielle Foglia-Winiger

Samedi 4 avril 2020

Urgence ce matin, je n’ai plus d’antihistaminiques… par ce beau temps, ils me sont plus que nécessaires…

J’appelle ma pharmacie,  le répondeur m’annonce qu’ils sont à l’écoute de 9h à 17h, il ajoute :

  • Nous n’avons pas de masques,  pas de gants ni de solution alcoolisée !

Il est 9h30.

J’essaie plusieurs fois, toujours cette voix d’homme sur le répondeur.

De guerre lasse, je m’habille et hop! me voilà sur le chemin du village marchant d’un pas rapide pour rejoindre la pharmacie la plus proche.

De loin, j’aperçois la croix verte et guette : personne… pas de queue ..

  • Serait-elle ouverte ?

Mais oui, une seule personne à l’intérieur !

Mains alcoolisées , c’est déjà mon tour …

La pharmacienne a tout ce dont j’ai besoin, sauf un médicament, délivré que sur ordonnance médicale …

Elle me suggère de demander à la Pharmacie du Centre Commercial qui doit être débordée et ne peut répondre à mes appels de lui transférer par mail un copie de l’ordonnance.

Super solution trouvée, je peux être livrée le jour même puisque j’habite à l’autre bout du chemin… 

Nous parlons de cette épidémie. Elle m’apprend que chez certains l’angoisse est si grande qu’ils en viennent à être impatients, irascibles, à crier, proférer des insultes , s’en prenant à celle qui leur répond  et l’attaquant sur ses origines et ses compétences…

  • Je garde le sourire  mais n’oublie pas, nous sommes tous sur le même bateau actuellement !!!

J’achète encore un petit flacon de solution alcoolisée pour les mains. Impossible d’en trouver , les pharmacie étant en rupture de stock.

Il sera précieusement gardé et utilisé qu’en cas de nécessité absolue…

Le savon de Marseille a très bien fait l’affaire jusqu’à présent …

Texte et photographies : 4. 4. 2020

Danielle Foglia-Winiger

Vendredi 3 avril 2020

Promenade quotidienne, la douceur et la netteté des contours surprennent mon regard de myope.

Rien ne bouge, une carte postale immobile.

Ma motivation à photographier est absente. Rien de neuf sous le soleil de Bernex.

Je m’avance vers un terrain en friches espérant y trouver l’image du jour : rien de bien folichon à me mettre sous l’objectif et pourtant ce n’est pas faute de m’affairer, chercher, prospecter le moindre recoin…

Un aboiement m’oblige à me retourner. Je me trouve face à un grand chien blanc qui vient vers moi à bonne allure. Faisant fi des rappels énergiques et de plus en plus forts de sa maîtresse, il poursuit sa course en ma direction. Je fais le poireau, m’immobilise et me garde bien de le regarder. Il me flaire, va vers mon sac laissé plus loin et revient . Il finit par me tourner le dos et daigne rejoindre celle qui l’attend en haut de la butte. Elle lui donne l’ordre de s’asseoir et de marcher au pas jusqu’à ma hauteur.

Je ramasse mon sac et prends le chemin du retour, dépitée: aujourd’hui la nature ne m’a révélé aucun de ses secrets…

Je m’arrête pour contempler le Jura et humer cet air qui me paraît si pur…

Au loin des corneilles croassent… le ciel s’anime du vol lent et silencieux d’un couple de milans noirs. Au-dessus des arbres, une corneille, silhouette trapue au vol saccadé, cherche à atteindre l’un ou l’autre des rapaces, s’ensuit un jeu entre les trois oiseaux. La corneille retombe et vient inlassablement ennuyer les deux rapaces cherchant à interrompre leur progression majestueuse et continue…

Un vrombissement, l’apparition d’un drôle d’oiseau fait disparaître les trois volatiles. 

Un oiseau mécanique  aux couleurs de l’armée s’élève derrière les arbres, survole la zone et disparaît en direction du Jura accompagné de loin par le couple de milans …

Texte et photos : 3. 4. 2020

Danielle Foglia-Winiger

Jeudi 2 avril 2020

Dans cette période où chacun se doit de rester à la maison, l’exercice physique me manque et plus encore les leçons de rythmique …

On voit fleurir sur le net et à la TV, toutes sortes de propositions, allant de la pratique du vélo d’appartement au programme que gym, yoga ou danses. Aucune ne retient mon attention. Jusqu’à présent ma pratique d’activités physiques consistait à bouger sur une musique entendue à la radio, à préférer l’escalier à l’ascenseur et surtout aller me promener au bord du Lac…

C’est bien joli tout ça, confinée à la maison, mon dos se rappelle à mon souvenir… je le soulage avec des exercices d’assouplissement appris à la rythmique, à la chorale et à la Fête des Vignerons lors des échauffements… Avec le pommeau de la douche je parviens à le masser en variant la pression et la chaleur… soulagement immédiat, mais non définitif…

Dès le matin au réveil, je contemple la plaine juste derrière chez moi… 

Au début, je me contentais de prendre quelques photos de mon balcon, puis observant plus attentivement le va-et-vient, je me suis rendue compte que seules quelques personnes promenaient leurs chiens.

N’y tenant plus, je me hasardai à une petite promenade quotidienne, histoire d’aérer mes neurones, mes poumons et de me dégourdir les jambes.

Je ne vais pas bien loin sur les chemins de cette magnifique étendue de terres cultivées…

Lorsque par hasard je rencontre un promeneur, un joggeur ou un cycliste:

« ALLERTE !  22 v’la le coronavirus !  Gardons la distance de sécurité ! « 

Un sourire, un geste de la main et le danger est évité … 

Texte et photos : 2. 4. 2020

Danielle Foglia-Winiger

Mercredi 1er avril 2020

Habituée au bruit continu de la route de Chancy, celui-ci a commencé à devenir très différent avec les travaux d’élargissement de la chaussée afin que le tram 14 puisse rejoindre la frontière à Chancy.

Des engins de chantier sont entrés en action, arrachant barrières et végétation qui se trouvaient en bordure de route. Nous avons tremblé pour nos arbres qui bordaient la propriété, écrans au bruit et à la lumière des phares le soir. A notre grand soulagement, ils furent épargnés, seule la clôture  fut enlevée sans ménagement.

Avec les travaux, les nuisances ne tardèrent pas à nous incommoder : bruits insolites accompagnés d’une poussière de terres qui ont envahi nos logements.

Nous nous consolions, les travaux allaient bon train et comme prévu et en décembre le tram serait inauguré.

Ma vie allait être améliorée avec un arrêt de tram à la porte du jardin…

Étonnamment, je jouis actuellement d’une tranquillité inhabituelle, le chantier est au repos sur ordonnance du Canton de suspendre les travaux pour protéger ses ouvriers du Coronavirus.

C’est alors que d’autres bruits, bien plus agréables parviennent à mes oreilles: le chant des oiseaux, concert quotidien, véritable ode au printemps. Leurs cris, sifflements , gazouillis et trilles me permettent de les repérer dans les arbres et buissons qui ne sont pas encore vêtus de leur feuillage…

La nature se fait entendre et reprend une place que l’on avait perdu l’habitude d’apprécier…

Texte et photos : 1. 4. 2020

Danielle Foglia-Winiger 

Mardi 31 Mars 2020

Réflexion du matin :

Différents points de vue et éclairages enrichissent l’appréhension d’objets réels

Il en est de même pour les débats politiques, publiques, philosophiques scientifiques, économiques… et d’idées quelles qu’elles soient …

Texte et photos : 31. 3. 2020

Danielle Foglia-Winiger

Lundi 30 mars 2020

Le temps brumeux, estompant les contours, m’a incitée à sortir dans la plaine derrière chez moi.

Pas grand monde, que des promeneuses de chiens qui s’arrêtaient deux par deux à distance respectable pendant que leurs animaux s’ébattaient en toute liberté.

Pour éviter la rencontre, je pris la direction du chantier. Pas grand chose à voir, ni à photographier: des machines à l’arrêt, des tuyaux, des blocs de cailloux …

Passée cette zone de travaux, une étendue de champs s’ouvrit devant moi, nouveau patchwork d’assemblages de couleurs dessiné par les cultures.

Tout à mon activité d’observation et de prises de vue, je vis apparaître dans mon objectif un oiseau au vol planant… 

Abaissant l’appareil de photo , j’observai … un deuxième commença , lui aussi à former des cercles concentrique dans le ciel… A n’en pas douter, je me trouvais en présence de rapaces qui étaient en repérage de proies …

Par moment, ils volaient bas, j’attendais la descente toutes serres ouvertes et sa remontée chargée d’un rongeur… Les mulots, souris des champs ou autres rongeurs ne devaient pas être de sortie… Ils continuaient imperturbablement leur vol ample et silencieux, quand ce furent un…. puis deux…. trois… une douzaine d’oiseaux qui se joignirent en un ballet incroyable. Ils montaient très haut dans le ciel, comme aspirés par un siphon, je n’avais encore jamais assisté à une telle chorégraphie ascensionnelle, les oiseaux profitaient de courants ascendant pour s’élever droit dans le ciel jusqu’à devenir un petit point quasi imperceptible à ma vue.

Quelques photos pour immortaliser ce moment.

Ces oiseaux, grâce à l’envergure de leurs ailes, ont la capacité de jouer avec le vent et de l’utiliser.

Ce matin – là, il était au rendez-vous, bien présent mais pas tempétueux.

Cette troupe de milans noirs m’ont offert un ballet céleste que je ne suis pas prête d’oublier…

Texte et photos : 30. 3. 2020

Danielle Foglia-Winiger  

Dimanche 29 Mars 2020

Flash-back

Souvenirs de mon enfance au quatrième étage d’un immeuble situé derrière la gare de Cornavin. 

Maman, veuve, travaillait dur comme couturière pour m’élever et chacun le savait du premier au quatrième étage.

La plupart des habitants m’y avait vu naître, j’étais devenue l’enfant de la maison.

Il est des appartements où j’adorais me rendre, j’y était toujours bien accueillie.

Chez Madame Dubach, pour jouer avec son chien Lassie, lui rouler sa balle dans le couloir, le caresser, lui donner ses friandises: c’était permis parce qu’elle habitait au premier étage.

La concierge , qui lorsque je sonnais, répondait derrière sa porte fermée:

– C’est qui ? 

puis 

– Attends ! 

Elle ouvrait en peignoir pour me tendre le passe qui me permettait de rentrer chez moi… j’avais une fois de plus oublié ma clé !

Les Borzis , chez qui je frappais le plus souvent ( la sonnette étant hors de ma portée) pour jouer avec Michel, leur fils unique de deux ans mon cadet, le seul enfant de la maison, mon petit frère en quelque sorte.

Makaiser, celle qui veillait sur moi lorsque maman s’absentait, allant même jusqu’à me mettre au lit si maman tardait trop ayant dû aller faire retouches et ajustements sur ses robes juste avant une soirée dans le grand monde…

Je me souviens encore des deux hommes avec lesquels j’étais autorisées à monter en ascenseur, ils habitaient le troisième étage, il ne me restait plus qu’un étage, ce qui était fort appréciable en fin de journée, ma condition physique faiblissait d’avoir parcouru l’escalier dans les deux sens maintes fois …

Cette maison était mon refuge …

Dès la porte d’entrée franchie, je m’y sentais en sécurité. Je n’en ai gardé que des souvenirs heureux .

La solidarité, les services que ses habitants se rendaient naturellement, se vivait au quotidien …

Texte et photographies : le 29. 3. 2020

Danielle Foglia-Winiger

Samedi 28 Mars 2020

Une semaine déjà que je suis confinée chez moi…. J’avais bien fait des provisions mais quelques produits venaient à manquer me plongeant dans des réflexions contradictoires :

  • Il va falloir songer à aller faire des courses !

Et mon Jiminy Cricket de me sussurer:

  • Tu sais très bien que ce n’est pas prudent, tu dois absolument éviter les foules, tu es dans la population à risques…

Alors je me raisonne, trempe mon pain dur dans mon café comme le faisait un vieil ami … scrutant armoires et frigo pour savoir jusqu’à quand je pourrai tenir…

Mon fils m’avait proposé de faire mes courses. J’avais refusé ne voulant pas le surcharger dans une période où ils étaient quatre à vivre confinés dans un appartement, qu’il devait faire l’école à la maison et organiser le temps et les activités de ses deux fils, ce qui n’était vraiment pas facile…

Cependant la solitude commence à me peser, bien que les relations téléphoniques et virtuelles soient présentes  au quotidien … Je décide d’accepter l’offre de Bernard. Sa réponse ne tarde pas me demandant si je peux attendre jusqu’à mardi, jour prévu pour aller faire ses course à Balexert. La veille il me faudra lui envoyer la liste des courses et ce sera très volontiers qu’il me les apportera… 

Ouf, me voilà soulagée d’un grand poids et en plus j’aurai l’occasion de le revoir et de lui parler même si c’est de loin …

Mon horizon s’éclaircit …

Mes repas deviennent de plus en plus frugaux. Je veille néanmoins à me nourrir de manière équilibrée.

Hier, ma jeune voisine sonne à ma porte pour prendre de mes nouvelles et me propose de faire quelques achats puisqu’elle se rend à la Coop.

C’est le providence qui me l’envoie…

Rapidement je lui dresse la liste des quatre produits qui me manquent. En plaisantant, elle me demande:

 – Vous n’avez pas besoin de papier Q, cela fait une semaine que j’en cherche et n’en ai pas trouvé dans les magasins que j’ai visités.                                                                              

Bien évidemment, j’étais en manque…

D’un seul coup, cette journée morose, pendant laquelle j’étais lasse et sans motivations, tournée vers des pensées sombres : les souvenirs de ceux qui n’étaient plus là et me manquaient cruellement, ajoutés à ceux dont cette épidémie me privait de leur présence … reprenait des couleurs et mon énergie positive refit surface…

Je me mets à attendre avec plaisir son retour.

Un coup de sonnette et je trouve mes courses sur le paillasson dans un cornet encore humide de désinfectant. Elle est en face de moi, appuyée contre le mur, nous engageons la conversation, arrive notre voisine qui revient d’une visite éclair auprès de son mari placé dans un EMS. Un triangle respectant les distances se met en place dans le hall. Chacune raconte, se raconte : l’hôpital , le bus, la Coop, la poste et leur longues files d’attente, l’attitude des gens, le souci permanent de désinfection…

Un moment de relations sociales , de rires qui font un bien fou …

Une fois la porte refermée, je range pain, bananes, jus d’orange, sans oublier le papier de toilette qu’elle était si heureuse d’avoir trouvé, et m’assieds sur la balcon… 

Mon regard se tourne instinctivement vers les dessins d’un petit bonhomme de trois ans dont la maman a eu la très bonne idée de les suspendre à l’extérieur de son balcon pour les donner à voir à tous ceux qui doivent rester chez eux…

Décidément, là où je vis, la solidarité n’est pas un vain mot …

Texte et photos : 28. 3. 2020

Danielle Foglia-Winiger                           

Vendredi 27 Mars 2020

Le temps ensoleillé de ces derniers jours me permet d’avoir accès à la plaine qui s’étend derrière chez moi: premier regard du matin vers le Jura pour savoir l’heure et le temps qu’il fait …

C’est une partie du plateau genevois qui présente des terres cultivées.

Je m’y rends pour une courte promenade.

Après avoir traversé prudemment la route, chantier désert depuis que les autorités genevoises y ont suspendu toutes activités pour protéger leurs ouvriers, me voilà sur le chemin qui parcourt les champs.

Il faut avouer que ce jour-là une bise noire s’était levée …

Très vite mon regard est intrigué par des nuages de poussière au loin…

Je m’avance et découvre deux tracteurs qui retournent la terre dans leurs parcelles  respectives.

Du sommet de ma petite butte, j’observe le ballet de ces deux engins mécaniques. Je ne suis pas seule, quelques spectateurs emmitouflés, encapuchonnés , éparpillés à l’orée des champs contemplent ce spectacle.

Je demeure là , fascinée par la précision du tracé des sillons, par la poussière soulevée par la bise et par le survol des oiseaux noirs aux alentours des tracteurs, rendant cette scène irréelle.

Le froid m’oblige à quitter à regret ce spectacle  étrange, provenant d’un autre monde. 

Je réalise que la vie continue, que nos paysans s’activent à cultiver la terre pour nous nourrir… signes réjouissant alors que tout semble s’être mis en veille dans l’attente de jours meilleurs…

Texte et photos : 27 mars 2020

Danielle Foglia-Winiger

Jeudi 26 mars 2020

Le confinement se vit au jour le jour en ponctuant ma journée de tâches ménagères: passer l’aspirateur, essuyer la poussière , faire la cuisine, laver la vaisselle , faire tourner le lave-linge , sécher le linge à plus de 60° et le repasser … toutes activités que je pratiquais régulièrement ou épisodiquement ayant une fée du ménage qui s’appliquait chaque vendredi à rendre mon appartement nickel-chrome.

Tous les solitaires,  comme moi , font leurs courses et leur ménage… ils n’ont pas le choix …

D’autres habitudes reviennent, celles qui consiste à devenir économes:

  • veiller à ne pas mettre trop de beurre sur les tartines,
  • griller le pain sec,
  • utiliser le papier de toilette avec parcimonie,
  • réparer son aspirateur,
  • coller le dossier de la chaise avant qu’elle ne casse,
  • faire bouillir l’eau du robinet dans une bouilloire,
  • recoudre les boutons,
  • refaire une couture qui a sauté,
  • repriser le pull si confortable.

Bref, retrouver tous les gestes que Grand-Maman et Maman avaient mis en place après la guerre pour continuer à ne pas vilipender…

On disait qu’elles économisaient les bouts de ficelles …

Pas faux !!! Elles embobinaient soigneusement les ficelles des paquets reçus et repassaient les papiers qui les emballaient afin de les réutiliser…

Elles aimaient à répéter :

«  Il n’y a pas de petites économies ! *

«  Les petits ruisseaux font de grandes rivières « 

Texte et photo: 26.3. 2020 

Danielle Foglia-Winiger

 

Mercredi 25 mars 2020 

Le coronavirus fait peur: il est lié à la mort… il faut coûte que coûte  se maintenir en vie et prendre toutes les précautions pour y survivre, tant au niveau de notre santé physique que psychique…

 

Depuis le début de l’annonce de son apparition en Chine en janvier 2020, la peur va grandissante …

Bien que prévenue personnellement, que je suis dans la population des personnes à risques avec mon asthme et mon âge ( plus de 65 ans ), je ne me sentais pas très concernée puisqu’il sévissait sur un autre continent : l’Asie.

Lorsque l’Italie a été touchée, là j’ai réalisé que c’était sérieux, qu’il fallait que je prenne soin de moi pour éviter de tomber malade.

Des infos de toutes parts ont commencé à surgir, informations de tous bords, celles émanant des Conférences de Presse de la Confédération et des Cantons  durcissant leurs mesures de protection de jour en jour jusqu’à ce lundi où un confinement partiel a été décrété. 

Dès lors Confédération et Cantons martèlent sans relâche qu’il est du devoir et de la responsabilité de chacun d’entre nous de respecter les règles sanitaires préconisées  pour retarder le pic d’épidémie et permettre au personnel soignant et aux hôpitaux régionaux de ne pas être débordés par un flux trop important de malades…

 

Face à ces nouvelles alarmantes qui doivent être prises au sérieux par toutes les couches de la population, j’ai vu apparaître toutes sortes de publications.

Des pages humoristiques qui m’offrent un rire salutaire dans cette période de confinement solitaire pendant lequel j’ai peu l’occasion de rigoler… me permettant ainsi de dédramatiser cette situation…
Par contre j’ai vu aussi de nombreuses personnes publier des Fakes-news ou des conseils allant à l’encontre de ce qui est préconisé par les autorités sanitaires.

J’ai aussi vu des offres d’achat de produits de première nécessité à des prix prohibitifs puisqu’on ne les trouvait plus en pharmacie et dans les magasins d’alimentation.

Et pour finir, des vidéos mettant en scène des situations tragiques engendrées par le coronavirus, sorte de mauvais polar menant à une chute inéluctable… Pour exorciser sa propre peur on joue à se faire peur et augmenter la peur des autres ( ce qui doit faire plaisir à celui qui donne à voir ! ) sauf que ces mise en scène se vivent au quotidien dans la vie réelle pour certains,  que nous sommes tous embarqués dans cette période qui nous inquiète non seulement pour nous mais  encore plus pour tous ceux qui nous entourent et que nous souhaitons la traverser sans trop de dégâts ni de tristesses…

 

Alors , laissons les infos aux spécialistes et à la presse qui relaie l’évolution donnée jour après jour  par nos autorités compétentes et contentons-nous de mettre de la légèreté dans l’air ambiant que nous respirons …

 

Texte et photo

 

Danielle Foglia-Winiger

Tout d’abord réaliser que vous devenez hyper précieuse pour vos enfants. Ils prennent fréquemment de vos nouvelles , vous recommandent de rester à la maison, de respecter scrupuleusement les recommandations sanitaires et ne viennent plus vous voir pour vous protéger et ne pas être responsables de vous transmettre ce virus … ils ne s’en remettraient pas de vous perdre à cause de cette satanée maladie.

De l’épidémie du Coronavirus on ne sait quand elle sera enrayée, un flou et une incertitude s’immisce sur notre avenir.

Le temps semble immobile, suspendu à l’évolution d’une contagion qui donne chaque jour ses statistiques à voir et entendre…

Dans ce contexte, je me trouve face à l’infinitude du temps: plus d’obligations, de rendez-vous, de tâches à effectuer dans un temps imparti…

Avec cette nouvelle situation, le stress s’est évaporé ( celui qui me permettait de parvenir au bout de tout ce que je devais faire en temps et en heure ! )

J’expérimente une nouvelle forme de vie, proche de la période des vacances lorsque je travaillais encore, période sans contraintes horaire et de rendements que j’attendais et appréciais tant…

 

  • Se lever le matin quand je sors naturellement du sommeil, réveillée  souvent par la lumière qui illumine ma chambre ou alors par les chats qui n’en peuvent plus d’attendre que je remplisse leurs gamelles,
  • Prendre le temps de savourer le petit-déjeuner et le tout premier café du matin , sans avoir à récapituler dans ma tête ce que je vais devoir mener à bien jusqu’au soir,
  • Remettre naturellement au lendemain ce qui n’est pas terminé,
  • Prendre le temps de m’occuper de mon bien-être, écouter mon corps ,
  • Aménager mon horaire quotidien en variant les activités,
  • Pouvoir m’adonner dans le calme à tout ce qui me procure du plaisir : la musique, la photographie et l’écriture, compagnons de toujours dans les moments heureux … mais aussi dans les périodes difficiles de ma vie…

 

Une nouvelle journée se lève , avançons tranquillement en la partageant et l’agrémentant de tout ce qui nous fait plaisir, avec un regard neuf porté sur la nature toute proche, les animaux et les humains qui nous entourent…

 

C’est peut-être aussi une possibilité qui nous est offerte de mettre à jour les travaux qui sont restés en souffrance par manque de temps…

 

Bonne journée de confinement à toutes et à tous !

 

Texte et photo : Danielle Foglia-Winiger 24. 3. 2020

 

 

 

23 Mars 2020

L’effet Coronavirus réserve des surprises…

Je passe mon temps au téléphone et sur les réseaux sociaux et là toute la dimension des modifications dans les relations amoureuses m’apparaît.

Pour mieux protéger l’autre on maintient les distances de sécurité, on observe  des règles d’hygiène strictes, on évite tout contact physique, les marques d’affection et d’amour se conjuguent sur tous les tons et dans toutes les formes virtuellement imaginables, sans risque de contagion.

Cela me laisse pensive… voici déjà quelques années que je me suis fermée à l’amour avec un nouveau partenaire après avoir vécu des violences conjugales pendant de nombreuses années, trop longtemps sans doute…

L’amour peut-être une expérience de partages extraordinaire, mais il apporte aussi son lot de souffrances. Je m’y refuse obstinément , bien que tous ceux qui y goûtent avec bonheur manifestent leur regret que je ne puisse pas y accéder.

Libérée du poids de cette relation qui me maintenait dans la peur,, je savoure avec délice la liberté de mes 20 ans retrouvée, et par là-même de pouvoir mener ma vie de patachon sans avoir de comptes à rendre à quiconque…

J’annonce clairement que dorénavant plus personne ne partagera ma vie au quotidien !!!

Et maintenant avec le Coronavirus je continue à cultiver l’amitié sous toutes ses formes avec le plus grand bonheur…

Texte et photographie:

Danielle Foglia-Winiger

Le coronavirus est apparu comme une catastrophe planétaire qu’il faut combattre, car c’est un virus mutant qui prolifère rapidement.

Son effet n’a pas tardé à m’atteindre: exposition de photographies fermée , plus de rythmique, plus de répétitions de chorale, plus de cours de poterie , plus de cours de flûtes, plus de voyages… on me prive de tout ce qui mettait du sel dans ma vie …

Me voilà avec un temps libre infini à gérer.

Je réalise aussi que je suis dans la population à risques, que je vais devoir gérer cette crise en appliquant les recommandations que ma généraliste m’a conseillé de suivre…

Ma sacro sainte liberté d’actions en prend un méchant coup !!!

Pour achever le tableau, plus de contacts physiques avec ceux que j’aime pour me protéger et éviter que je me retrouve aux soins intensifs …

Un voile noir s’abat sur ma tête, assombrissant mon avenir…

Deux jours de réflexions, de désoeuvrement complet me permettent de réaliser que ma vie va changer. L’incertitude créée par l’évolution de cette épidémie m’oblige à renoncer à tous projets sur le long terme, à profiter pleinement de chaque jour qui passe en prenant soin de moi et surtout de maintenir le contact avec ceux qui me sont chers …

J’adapte mes relations avec ma famille et mes ami(e)s en poursuivant les publications et les messages sur les réseaux sociaux et le net, liens hyper bienfaisants et nécessaires, en téléphonant pour avoir le grand bonheur d’entendre la voix de ceux que j’aime et en écrivant à tous ceux et celles qui ne possèdent pas d’ordinateurs, avec la surprise et la joie de trouver des lettres après le passage du facteur …

Une nouvelle nécessité d’écritures m’est offerte par cette période de contagion galopante qui m’oblige comme tout un chacun à rester chez moi pour me protéger et protéger l’autre …

Texte et photo Danielle Foglia-Winiger

 

 

Ce matin message de Monsieur Poggia appelant les genevois à un confinement total. S’en est suivi un SMS d’un ami médecin urgentiste, qui sans vouloir semer la panique auprès de tous les membres du groupe, nous a conseillé d’aller faire nos course , nous avertissant qu’on s’acheminait vers un confinement total de la population au vu de l’évolution sanitaire …

Et c’est précisément aujourd’hui que mon aspirateur décide de tomber en panne …. Ce n’est vraiment pas le moment … sans aspirateur, difficile de faire le ménage, activité qui me paraît  par ailleurs être un bon exercice physique si je dois rester à domicile…

Il est donc temps d’aller faire des provisions pour tenir enfermée jusqu’à la semaine prochaine et voir venir … 

Je me rends en voiture dans le Centre Commercial le plus proche : il me faut aussi penser à la réserve de médicaments…

Parvenue sur place, un calme étrange règne, les distances de sécurité sont respectées à l’extérieur de la Migros et de la pharmacie.

Considérant la grande queue qui s’est formée pour entrer dans le magasin d’alimentations, je me rends directement à la pharmacie et me fais gentiment remettre à l’ordre: il y a un circuit obligatoire avec entrée et sortie séparée à respecter. A l’intérieur un paravent en plexiglas est dressé devant chaque guichet, toutes les pharmaciennes portent un masque, mesures qui ont de quoi me rassurer…

Après l’achat de mes médicaments, je me glisse  avec mon chariot dans la file d’attente sans réaliser que c’est à l’opposé que se trouve la fin de cette queue…

Tout le monde est discipliné, on se parle peu , sauf les membres d’une même famille… 

Bien sûr, en arrivant près de l’entrée , j’ai vu des personnes fâchées de ne pouvoir passer sans autre, refoulées par un Sécuritas… 

Une femme, comprenant qu’elle aurait un temps d’attente très long, a préféré rentrer chez elle sans faire de courses.
Parvenue  dans le  magasin, les gens respectaient la distance de sécurité, aucunes bousculades … je n’ai pas trouvé tous les produit que je cherchais et du en choisir d’autres encore en rayons …

Mais alors très inattendu et inespéré, je suis repartie avec un nouvel aspirateur petit, maniable, écologique … celui que je me souhaitais…

 

Texte et photos 

 

Danielle Foglia-Winiger  

 

 

Cette période de confinement me fait prendre conscience de la valeur de ce qui m’entoure : un balcon à l’abri du vent, bien ensoleillé sur lequel je peux aller ausculter le ciel, écouter les oiseaux qui s’en donnent à coeur joie, profiter des rayons du soleil …

Mais avant tout, j’apprécie de ne pas être seule. Mes deux chats m’apportent une présence inestimable, je peux les caresser, leur parler ( je suis certaine qu’ils me comprennent ! ), apprécier les moments que nous partageons sur le balcon au calme et dans la douce chaleur ensoleillée. Ils ne s’éloignent plus très loin, restant proches de moi. Une organisation à deux s’est instaurée:  à chaque fois que l’un deux va se promener dans le jardin , l’autre vient s’installer auprès de moi …

Plus surprenant, dès que je m’approche de la porte-fenêtre pour la fermer, les voila illico presto à l’intérieur … plus besoin de les appeler !!!

Moi , qui ne voulais plus de chats au décès de mon Cachou, me trouvant trop âgée pour assurer le bien-être d’autres chats jusqu’à leur mort, me voilà à remercier chaque jour Tigerli et Capsule de veiller sur moi et d’être présents dans ma vie , supportant mes saute-d’humeur, partageant mes  joies et mes peines au quotidien …T

exte et photo Danielle Foglia-Winiger 

 

 

Cela m’a été confirmé ce matin par mon vétérinaire lorsque je suis allée  le consulter pour Tigerli . C’est impossible qu’un chat puisse être infecté par le Coronavirus … il n’y a donc aucune raison d’avoir peur et d’abandonner son animal de compagnie ….

Je tiens à saluer le grand professionnalisme du vétérinaire de Bernex, qui a appliqué toutes les mesures sanitaires édictées par le Conseil Fédéral lundi dernier.

En arrivant, j’étais seule, je n’ai croisé personne, il me guettait par la fenêtre ouverte, lavage de mains à l’alcool dès le seuil franchi, caisse de transport touchée uniquement par moi, distance de sécurité respectée, auscultation faite dans les règles : pas de proximité humaine, lui assurant avec une grande dextérité la prise en charge médicale de l’animal, de l’auscultation à la piqûre nécessaire …

Le chat fut prié de retourner seul dans sa caisse…

Et en moins de quatre, voilà prête à repartir avec les recommandations d’usage pour les jours à venir …

Toujours personne dans la salle d’attente… d’autant plus surprenant que du plus loin que je m’en souvienne, j’ai toujours connu une salle d’attente animée de miaulements ou aboiements et de discussions entre propriétaires d’animaux …

Voici mon grand malade qui toussait et miaulait faiblement. 

Ce n’est pas le Coronavirus, mais une angine doublé d’une trachéite … il a pris froid tout simplement …

 

Texte et photo

 

Danielle Foglia-Winiger

REPONDRE

Please enter your comment!
Please enter your name here