Hôpital de Nyon

Interview de Daniel Walch

Directeur général G.H.O.L

Hôpital de Nyon

Sa restructuration a commencé fin février avec l’installation d’un bâtiment modulaire pour séparer les patients  présentant des symptômes de Covid-19 des patients classiques qui viennent aux urgences.

Il a par ailleurs cessé toute activité programmée à partir du 16 mars maintenant néanmoins les urgences oncologiques. 

La réorganisation complète fut effective à partir du 21 mars. L’Hôpital de Nyon était alors prêt à accueillir les patients atteints du Coronavirus de la région.

En temps normal les urgence tournaient avec 7 lits dont 5 dotés de respirateurs, on a augmenté à

16 lits, tous dotés d’un respirateurs, cela correspond à une augmentation de capacité de plus de la moitié. En soin continu on a passé de 3 lits à 18 lits.

Les cantons du Tessin, Genève et Vaud sont le plus touchés par cette épidémie,  dans le canton de Vaud la région de Nyon l’est tout particulièrement. Actuellement on compte 11 patients aux soins intensifs, donc le service n’est pas saturé.

L’Hôpital de Rolle est spécialisé dans les traitements des maladies respiratoires, c’est lui qui accueille cette population à risque. Ceux atteints du Covid-19 sont exclusivement traités à l’Hôpital de Nyon afin de protéger ces malades particulièrement fragiles de toute contamination.

La Clinique de Genolier accueille les patients en fin de séjour Covid.

Une collaboration avec les HUG et le CHUV est envisagée dans le cas où l’Hôpital de Nyon serait surchargé et dans l’incapacité d’accueillir tous les patients atteints par cette maladie, ce qui n’est pas le cas actuellement.

Quant à l’analyse de l’évolution de la maladie, le directeur reste très prudent. Il relève que depuis 4 ou 5 jours la courbe a atteint un plateau, ce qui signifie qu’il n’y a pas eu d’augmentation du nombre de malades. Cependant cela ne veut pas dire que l’on est sorti d’affaire. La prudence reste de mise et il ne peut rien prédire quant à l’évolution de l’épidémie en Suisse.

Concernant le port de masques, il pense qu’il faut le réserver au personnel soignant et à tous ceux qui côtoient de près un malade atteint de Covid.

D’après les experts, dont il ne fait pas partie, le danger principal provient des mains. Il est donc primordial de se désinfecter et laver les mains plusieurs fois par jour. Une recherche a mis en évidence qu’un être humain porte inconsciemment 14 fois /heure les mains à son visage d’où la nécessité de les laver ou désinfecter.

D’après lui, le port du masque généralisé est une mesure  qui a peu de sens et il répète les mesures de précautions sanitaires : désinfecter et laver des mains au savon, garder la distance spatiale mais pas sociale.

Son équipe hospitalière est hyper motivée et démontre un grand sens du devoir.

Le risque principal réside dans le fait que des collaborateurs soient contraints à la quarantaine car atteints par le Covid et malades.

Si le pourcentage de collaborateurs en quarantaine devenait aussi élevé que dans certains hôpitaux d’Italie, on passerait au mode dégradé, qui consisterait à faire que 2 infirmières spécialisées en soins intensifs s’occupent de 3 patient au lieu de ce qui se passe en temps normal, à savoir 1 infirmière par patient.

Concernant la reconnaissance du travail de tout le personnel soignant qui se manifeste quotidiennement par des applaudissement aux balcons et fenêtres , il apprécie ces manifestations et mentionne que tous les jours il reçoit des marques de reconnaissance telles que des cadeaux dont du papier de toilettes et des Cockies au chocolats à distribuer à tout le personnel, des propositions de logement pour le personnel soignant frontalier et des dessins d’enfants. 

La population de la région de Nyon soutient énormément le corps médical et le personnel soignant pendant cette crise. 

Texte : Danielle Foglia-Winiger

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