Danielle Foglia-Winiger

Langage photographique

 

La photographie est un langage, un moyen de communication visuel au même titre que le langage oral et l’écrit.

 

Il nécessite un émetteur dans le cas présent le photographe

et  un récepteur, celui qui regarde l’image.

 

Le photographe choisit son cadrage, le post-traitement et le sujet en fonction de ses compétences et de ses choix artistiques.

 

Celui qui regarde active son passé, ses choix propres artistiques et interprète en fonction de son vécu et des événements.

 

Concernant la photographie, j’ai relevé quelques fonctions:

 

esthétique : qui s’inscrit dans le domaine des arts graphiques , il relève d’une recherche approfondie du photographe pour obtenir l’effet escompté … on dit même que ce dernier a une signature artistique, ce qui revient à dire qu’il se démarque et que l’on reconnaît son style ou ses styles provenant de recherches à différentes périodes de son parcours photographique. 

Pour celui qui contemple : comme dans tous les arts les goûts et les couleurs ne se discutent pas … on peut aimer ou pas, chacun peut en avoir une interprétation propre, cela peut même révéler et faire référence à des souvenirs personnels.

 

souvenirs : toutes les photos de vacances, de réunions de familles, d’amis, de camarades de classes, qui appartiennent à notre histoire personnelle et font partie d’un album papier ou visuel que nous feuilletons avec plaisir.

 

Il en est un autre que j’ai utilisé en classe avec mes élèves de 4 à 6 ans. Nous avions un coin de construction, les enfants avait toutes les peines à accepter de détruire leur réalisation pour que les pièces soient disponibles pour un camarade et surtout pour que le concierge puisse passer son balai dans ce coin. Cela relevait d’une négociation parfois sans fin et douloureuse, jusqu’au jour où j’eus l’idée d’utiliser mon appareil de photo numérique pour garder une trace de la construction et parvenir à la reconstruire le lendemain. Cela supposait qu’une fois rentrée chez moi, j’en fasse un tirage, mette le nom de l’élève au dos et la donne pour qu’il fasse l’exercice à partir d’un modèle  . Si c’était l’auteur de la construction, elle était reconstruite rapidement, avec quelques hésitations vite surmontées. J’allais vérifier, la photo intégrait un fichier et les plots remis dans le bac sans problèmes.

Par contre lorsque, c’était un camarade qui voulait la reconstruire , souvent on n’avait que les plots apparents et cela ne correspondait absolument pas à la construction d’origine. Nous avons alors été amenés à réfléchir à comment faire pour obtenir le plus de renseignements pertinents à la réalisation d’une construction en volume.

Il fallait modifier les points vue: de face, de côté ( droite, gauche ) de dos, de dessus.

A partir de ce moment une nouvelle motivation vit le jour, celle de construire des oeuvres architecturales les plus compliquées possibles. J’ai même vu un élève recommencer plusieurs fois une tour jusqu’à ce qu’il parvienne à placer le dernier plot en équilibre sans qu’elle ne s’effondre, nous interdisant d’éternuer tant que les photos n’étaient pas prises.

 

repérage d’un lieu , largement utilisées pour les restaurants, cafés, bars, bistrots et hôtels, auberges de jeunesses et camping, pour les lieux culturels : musées, galeries, zoos, de sports : patinoires , terrains de foot, de rugby, basket badminton , tennis, golf, piscines et tous les magasins d’alimentations ou autres. 

 

témoignages d’un évènement, d’une période, d’un fait divers, de la beauté d’un sport,

Je pense ici aux photographies ou cartes postales anciennes utilisées comme documents historiques. Je fais référence au travail de Charly Schwarz qui est allé sur les traces de Ferdinand Hodler, prenant des photographies de l’endroit où le peintre s’est installé pour effectuer ses peintures. On mesurait les changements lorsque le photographe disait que certains endroits étaient devenus inaccessibles. 

 

Il y a aussi toutes les photographies de la Presse actuelle qu’elle soit sur papier ou en ligne. Les photographies sont le support visuel d’un évènement développé ou décrit dans le texte d’un(e) journaliste.

 

Il existe cependant des photos choc témoignage d’une réalité, je pense ici aux photos prises par les soldats américains lorsqu’ils ont découvert la réalité du camp de concentration d’Auschwitz, celle de cette fillette fuyant nue et hurlant prise par Nick Ut pendant la guerre du Viet-Nam, dernièrement cette photo qui passe sur Facebook illustrant la situation de la Ville de Genève après le nouveau marquage de zones cyclistes plus larges. On y voit côte à côte une voiture dans sa ligne de présélection, une moto dans celle réservée aux deux roues et un cycliste circulant sur le trottoir.

Toutes ces photographies parlent d’elles-mêmes, pas besoin de rajouter un texte, si ce n’est une légende comprenant le lieu, la date et l’évènement ( éventuellement ) pour orienter la lecture de l’image.

 

Prise de vue et lecture d’image s’inscrivent bien dans un processus de communication qui relève de la lecture de l’image pour celui qui s’attarde à regarder , à analyser et de l’envie de communiquer un message , une information, une émotion esthétique ou pour rendre compte d’une réalité que seule l’image peut transmettre face à la réalité dans laquelle le photographe se trouve. 

 

Texte et photographie : 31. 5. 2020

 

Danielle Foglia-Winiger 

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