LE LIGNON Le rôle du tatoueur est de comprendre

Christian. le tatoueur

Soigneusement sélectionnés, les tatoueurs venus du monde entier sont au rendez-vous, depuis vendredi, de la 23e édition de la Convention internationale de tatouage de Genève, au Lignon. Sur place, les visiteurs font le tour des stands, les aiguilles s’animent. Christian, d’Inkvaders Tattoo, artiste reconnu dans le monde entier, fait partie de ceux qui répondent présents depuis le début de l’aventure, à une époque où il existait peu de salons de tattoos dans le canton. Le quadragénaire aime à se retrouver, chaque année, au Lignon : «La convention de Genève est une vitrine. Elle permet de maintenir un lien, de transmettre des valeurs au sein de la communauté des tatoués.»

Depuis un quart de siècle, le tatouage s’est démocratisé, est complètement entré dans les mœurs. «Nous avons été rattrapés par un phénomène de mode, parfois discutable», remarque Christian. Aujourd’hui, alors que la qualité artistique des dessins a «terriblement évolué» – tout comme le savoir-faire des artistes –  le rôle du tatoueur consiste beaucoup, pour ne pas dire surtout, à conseiller. Un rôle de psy ? C’est presque cela. «Comme je le dis souvent, répond Christian, le tatouage, c’est un peu comme le mariage. Il ne faut pas choisir son partenaire uniquement en fonction de sa beauté. Si on le fait, alors, un jour, il y aura un problème… Mon travail, dans une société où tout se fait en un temps record avec, parfois,  peu de réflexion finalement, est de comprendre pourquoi telle ou telle personne veut faire ce tattoo. Personnellement, je suis fier de pouvoir regarder dans les yeux quelqu’un que j’ai tatoué il y a trente ans. Nous, les tatoueurs, portons une responsabilité.»

 

Christian constate que si les jeunes sont de plus en plus tatoués, les personnes plus âgées, osent davantage qu’auparavant, franchir la porte d’un tatoueur. «Souvent, cela signifie un nouveau départ dans la vie. J’ai aussi connu des gens qui n’avaient jamais osé se faire tatouer parce que, de leur temps, le tatouage était associé aux loubards, notamment. Aujourd’hui ils viennent et se réapproprient leur corps !»

Des tattoos de plus en plus beaux

Pascal Tourain l’animateur.

A l’entrée de la 23e convention internationale du tatouage de Genève, l’une des conventions de vraiment très bon niveau dans le domaine, Pascal Tourain branche son micro. Deux mètres, une voix de baryton, cet homme haut en couleurs est intégralement tatoué, hormis les pieds et la tête. Comédien, présentateur, «aboyeur» comme il se qualifie lui-même, Pascal anime des conventions de tattoos depuis une vingtaine d’années : «J’ai vu l’évolution : les tatouages sont de plus en plus beaux.» A ce constat, l’homme tatoué – c’est aussi le nom de son one man show  – avance trois explications. Premièrement, les artistes ont davantage de bagage artistique et d’expérience. Deuxièmement, le public est devenu plus exigeant. Enfin, le matériel des professionnels s’est amélioré, que l’on évoque la qualité des encres ou des machines.»

Renseignements sur www.tattoo-geneve.ch

Texte :Valérie Duby

Photos et responsable du site: Christian  BONZON

photosvideo@bluewin.ch

 

 

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