Chevaux et les cavaliers de la police fédérale belge ont montrés à Vandoeuvres (GE) ce qu’ils savaient faire.

©photos: Christian BONZON

©Texte :Valérie Duby

Au pays de Tintin

Au pays de Tintin où les cavaliers policiers genevois ont été formés, la police montée (120 cavaliers) fait partie des traditions. On l’utilise aussi bien pour des patrouilles de police de proximité que lors de manifestations, de matches de foot ou encore lors des parades royales. Ce sont les différentes polices locales de la Belgique qui font appel à cette entité de la police fédérale sur l’ensemble du territoire. «Nous avons trois fois plus de demandes que ce que nous pouvons fournir», constate Benoit Van Houtte, le directeur de la Sécurité publique à la police fédérale belge.

Ils n’ont peur de rien !

Super entraînés, les chevaux et les cavaliers de la police fédérale belge ont montré à Vandoeuvres (GE) une partie de ce qu’ils savaient faire. Les Genevois s’en sont bien sortis.

«Un cheval vaut trois hommes ou presque!» C’est le directeur de la sécurité publique de la police fédérale belge qui le dit. Et quand Benoît Van Houtte explique quelque chose, on n’a qu’une seule envie: l’écouter. Le haut gradé qui dirige 600 collaborateurs est venu avec quatre cavaliers de la police fédérale belge à Genève, cette semaine. Au programme : démonstration à l’Ecurie de Crête, à Vandoeuvres, où avait lieu, hier, le championnat suisse de saut d’obstacles police et entraînement avec le groupe équestre de la police genevoise aujourd’hui. A Vandoeuvres, les cavaliers belges et leurs superbes montures ont montré au public ce qu’ils savaient faire : gérer des foules, contenir et isoler des manifestants, franchir toutes sortes d’obstacles que l’on peut trouver dans une ville comme Bruxelles ou Liège.  «Notre spécialité, c’est la gestion de la foule dans l’espace public, jusqu’aux interventions de maintien de l’ordre», indique Benoît Van Houtte.

Les Belges mettent le feu

Dans la carrière de l’écurie de Crête, on a fait venir des véhicules de la police belge, on a simulé des bruits qui n’arrivent pas à effrayer les animaux, on a même allumé un grand cercle avec du feu que les paires cavalier-cheval ont franchi sans broncher. Des chevaux du groupe équestre genevois – qui appartiennent au Refuge de Darwyn – ont réussi la «mission» alors qu’ils n’avaient jamais procédé à l’exercice ! «Les Genevois s’en sortent pas mal, sourit le haut gradé belge, qui, il le reconnaît, ne croyait pas tellement, au début, à des chevaux de refuge pour une police montée. En même temps, la mission des Genevois n’est pas la même que celle des Belges puisque les cavaliers du bout du lac parcourent, à raison d’une fois par semaine, la campagne genevoise, les zones périurbaines. Le groupe équestre répond à la volonté de la police genevoise et, plus spécifiquement, de la police de proximité d’assurer une meilleure présence dans la campagne en développant des modes de patrouille innovants. Rappelons que cette brigade, lancée l’an dernier, est en l’état un projet pilote. Après ce championnat suisse, un bilan sera dressé pour l’avenir.

Comme le rappelle Benoît Van Houtte, «la police utilise le capital sympathie du cheval qui peut très rapidement passer en mode intervention si nécessaire.» Et d’ajouter : «On n’a jamais vu quelqu’un caresser une voiture de police. Un cheval, oui ! » L’équidé permet aussi de faire des interventions réelles dans des lieux où la police ne pourrait pas se rendre en voiture, par exemple. Sans oublier qu’avec une paire cavalier-cheval on réalise une véritable économie d’échelle… «Une étude britannique a démontré qu’un cheval remplace près de trois hommes, soit 2,8 pour être précis. En maintien de l’ordre, le cheval est plus efficace, c’est une réalité. Sans compter que l’on voit mieux d’en haut!», conclut Benoît Van Houtte.

Valérie Duby

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